Bruits de l’enfance de Sarah

Les souvenirs sont comme des grains de sable qui s’écoulent à l’usure du temps.
Un sablier plein de trous.

Il en est, certains, cependant qui nous marquent. Ceux des temps insouciants où l’on était enfant.
Les miens restent vagues, un peu éteints à la lueur du présent.

Toutefois, je me souviens d’un rituel avant d’aller nous coucher ma sœur, mon frère et moi.
Allongés au creux de nos édredons – bien au chaud – afin de préparer notre promenade au pays des songes, Maman nous berçait de sa voix douce en nous contant quelques histoires.
Elle aimait, et c’était là un de ses petits plaisirs personnels, nous jouer un morceau de sa flûte, tout en bois, qu’elle avait gardé intacte depuis l’enfance.
Pour rien au monde nous n’aurions, tous les trois, manqué ce rendez-vous si intime et si chers à nos cœurs.
Maman, telle une fée légère, éblouissait nos soirées.
Discrète, silencieuse, elle savait imposer sa présence maternelle et apaisante.

Quand nos yeux, quelques peu fatigués, commençaient à se fermer, Maman et Papa venaient à tour de rôle nous déposer un baiser sur la joue ou sur le front.
Je peux le jurer, je ne me serais pas endormie, je n’aurais pu m’endormir (bien que le sommeil se joue de nous) si l’un d’eux avaient oublié cet acte de tendresse.
A oui, rien au monde n’aurait été aussi tragique !

Pour s’endormir calmement il faut avoir connu la plus belle parenthèse de sa vie : le doux murmure de la voix de sa Maman se déversant légèrement au creux d’une âme d’enfant.

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