Le fantôme du musée (nouvelle par Monique)

Il connaissait la Dracénie comme sa poche et de nombreux dracénois à qui avec conscience il avait donné son lot de bonnes et mauvaises nouvelles.

Son regard fut attiré par deux personnages sortis de ne je ne sais où. Tous deux portaient un chapeau qui dissimulait leur visage. Elle, était vêtue d’une longue robe blanche en dentelle et des chaussures rouges à lacet. Il fut un moment attiré par la couleur et remonta lentement son regard pour tenter d’apercevoir le visage de cette femme qui devait à coup sûr être très belle. L’homme lui portait un costume noir par-dessus une chemise à jabot d’un blanc irréprochable.

Il se dit que ces costumes étaient singuliers puis se rappela qu’on était en pleine période de carnaval. Il les suivit un instant. Ils étaient là dans la boutique du cordonnier qui s’appliquait à encoller une semelle de chaussure.

Jean se pencha et se contorsionna pour essayer d’apercevoir le visage de la jeune femme. Hélas, ils étaient de dos. Il n’osa pas descendre dans la boutique du cordonnier. Il renonça et se dit qu’il les attendrait à la sortie du musée devant la grande porte pour être sûr de ne pas les rater. C’est ce qu’il fit. Il observa les visiteurs qui sortaient mais il ne vit pas le couple. Le musée ferma ses portes.

Jean était intrigué et se demanda si sa mémoire ne lui jouait pas des tours. Il se rappela que récemment il avait embrassé Mme BRUN qu’il avait reconnu instantanément. Pourtant Mme BRUN lui avait certifié ne pas le connaître et s’appeler Mme SICARD ;
Déçu il décida de rentrer et aperçut tout à coup le couple qui se dirigeait vers la maison située à côté du Musée. Il pressa le pas bien décidé à leur parler.

Les ayant rattrapés, il leur lança un bonsoir Madame, bonsoir Monsieur ! auxquel ils répondirent ensemble « Bonsoir monsieur !» en se retournant. Ce qu’il vit le terrifia. Ils n’avaient pas de tête, seulement un chapeau. DES FANTOMES ;
Jean se reprit aussitôt et rit intérieurement en se disant que ces gens-là étaient très doués et qu’ils avaient vraiment réussi leur costume. Lorsqu’à nouveau il les regarda il les vit entrer dans la maison à travers les murs. Il ne put s’empêcher de porter les mains à son cou. OUF.  Sa tête était bien accrochée à ses épaules.

Après une nuit agitée et de cauchemars peuplés de gens sans tête, Jean décida de retourner au Musée.

A l’accueil l’employée du Musée eut l’air surpris et lui demanda s’il avait oublié quelque chose. Il répondit que non et profita de sa curiosité pour lui demander qui habitait la Maison. Elle lui précisa que personne ne logeait dans cette Maison qui allait servir d’extension au Musée. Puis elle se mit à raconter qu’à un époque un couple y avait été assassiné et décapité. 

Jean se sentit soudain fébrile, il fut pris de tremblements et ressentit une grande angoisse qu’il ne put réprimer. Ses oreilles bourdonnaient, il transpirait, il allait s’évanouir c’est sûr. L’employée paniqua et appela aussitôt les secours. C’est Jean lui-même qui me raconta toute cette histoire dans le service de l’Hôpital de jour pour les malades atteints de la Maladie d’Alzheimer où j’exerce les fonctions d’aide-medico-psychologique.

Faut-il croire aux fantômes ? Les fantômes peuvent-ils vous rendre fous ? Ce sont les questions que je me suis posé après avoir écouté son récit.

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